Dans un rapport des plus malsains
qui soit, nous souhaitons paradoxalement nous dévoiler sur Internet tout en
exigeant que ces informations personnelles ne soient pas diffusées tout azimut.
Enfin, pour être plus exact, nous exigeons tous les bienfaits d’une exposition à des tiers (rapport de séduction, être connu etc.) sans en vouloir les désagréments potentiels (qu’une photo personnelle soit réutilisée, qu’un changement de statut soit interprété et jugé etc.). Bref, la gloire, mais surtout pas le reste.
Jusque là, rien de nouveau hormis le média, Internet.
Alors en réaction, par
expérience, nous commençons à contrôler notre identité et toute production
d’information qui nous concerne sur le réseau. Nous y sommes bien aidé par les
différentes plateformes qui dans un soucis de clientélisme, sont à l’écoute de
ce besoin et fournissent au coup par coup les outils, moyens nécessaires à ce
contrôle. Cependant la résolution de ce problème entraine sinon la création
d’un nouveau, un déplacement de celui-ci. Je m’explique :
Prenons, par exemple, le contrôle
le plus basique qui consiste sur (au hasard !) Facebook à me rendre
invisible à la recherche et/ou refuser de façon explicite d’être ajouté en
« ami ». Ainsi, vous ne pourrez pas savoir que j’ai un compte ou
alors, vous ne pourrez pas m’ajouter. J’ai donc par ce moyen protégé a priori ma présence sur Facebook. Mais
j’ai aussi déplacé le problème.
Si je vous rencontre, imaginons à l’occasion d’un dîner et que nous trouvons tellement sympathique que nous souhaitons nous rapprocher sur Facebook sachant que dans le même temps vous vous êtes protégé de la même manière que moi, nous ne pourrons pas être amis. Triste, n’est-ce pas ?
Il semblerait que nous soyons dans une impasse, tiraillés entre tout dévoiler et ne rien dévoiler.
C’est là qu’intervient la notion de « sas logique » ((c) ConceptSL ;-) ) intégré en natif dans toute plateforme Internet. A l’image d’un tiers de confiance, ce sas logique est une zone publique de méfiance au sein de laquelle nous pouvons nous placer le temps d’accomplir une action que nous refusons par principe.
Rapporté à notre exemple sur Facebook,
ce sas pourrait être un groupe public qui s’appellerait « SAS ». Je
vais alors convenir avec la personne que j’ai rencontré à l’occasion du fameux dîner
de s’y retrouver pour que nous puissions nous ajouter. Nous restons ainsi
chacun « invisibles à la recherche » et donc en accord avec notre souhait
de confidentialité et nous avons quand même pu nous trouver et nous intégrer
dans nos réseaux respectifs. A l’issue de cet ajout, nous quittons tous les
deux le groupe Facebook « SAS » jusqu’à en avoir à nouveau besoin.
Grosse question résiduelle : réelle problématique ou simple masturbation intellectuelle ?
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Nicolas Mas
